La paix de l’esprit

Ce n’est ni en pleurant, ni en s’affligeant que s’obtient la paix de l’esprit. En l’affligé, au contraire, la douleur s’accroîtra et la souffrance étreindra son corps.
Il deviendra amaigri et pâle, se torturant lui-même, mais les disparus qu’il regrette ne reviendront pas. Vaines et sans utilité sont ses lamentations.
Celui qui ne rejette pas la peine derrière lui n’arrivera qu’à s’enfoncer plus profondément dans la douleur.
Regardez ceux qui disparaissent, les hommes qui s’en vont selon leurs actes, être tremblants déjà, en ce monde, à l’idée de tomber dans la mort. Or qu’un homme vive cent ans ou même davantage, il est toujours, finalement, séparé de ses proches et quitte la vie dans ce monde.
Que celui qui entend la parole du Bienheureux surmonte donc ses larmes et, considérant celui qui a disparu ou est mort, qu’il se dise : « Jamais je ne le retrouverai. »
Comme l’incendie dévorant une maison est éteint par l’eau, de même le sage, sensible, chasse en homme habile au loin la douleur qui est née, ainsi que le vent chasse une touffe de coton.
Celui qui cherche son bonheur doit arracher de lui-même la flèche de ses lamentations, de ses plaintes, de ses chagrins.
Celui qui a arraché cette flèche et a rejeté toute dépendance, celui-là ayant obtenu la paix de l’esprit et dompté toute douleur, sera affranchi de la souffrance et bienheureux…
Lankâvatâra Sutra